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Partir en voyage

Mon cabinet : Comme d’habitude ? Ou quitter la “kiné rat race” (suite).

Exister, c’est devenir dans l’espace et dans le temps. — (Etienne KleinD’où vient l’efficacité des mathématiques en physique?, 2016)

Si je vous demande  “aimez-vous voyager ?” Il est probable que vous me répondiez : “oui !”

Pourquoi la plupart d’entre nous aime voyager ?

Que se passe-t-il lorsque nous voyageons, et d’où vient ce plaisir ?

En vacances !

En fait, notre cerveau a besoin de stimulations pour ne pas se scléroser. Bien que les routines ou les automatismes permettent une grande efficacité dans le quotidien sans trop nous fatiguer, elles  limitent également les sollicitations et connexions inter-neuronales. En effet, lorsque l’on est dans notre routine quotidienne, nous faisons chaque chose de manière identique à la veille et ce de façon quasi automatique :

Nous dormons toujours du même côté dans notre lit, nous avons toujours la même manière de prendre notre petit déjeuner, d’aller au travail le matin par le même chemin, et d’avoir le même type de relation avec nos collègues et nos patients…

Lorsque nous voyageons, tout change et c’est en cela que notre cerveau est à la fois stimulé et éveillé. En effet, nous découvrons des endroits et des paysages différents, nous mangeons différemment, notre journée n’est pas programmée de manière routinière, nous dormons dans des endroits différents, nous rencontrons des nouvelles personnes qui ont des habitudes et des modes de communication différents.  Toutes ces nouveautés, bien que sollicitantes n’en sont pas moins stimulantes.

Vivre des situations nouvelles fait du bien à notre cerveau, et c’est pour cela que nous aimons voyager.

Alors comment appliquer ce principe au sein de notre cabinet ?

Comment se passent les journées au cabinet ?

Lorsque nous arrivons le matin, nous regardons notre planning et il est possible qu’un stress apparaisse en voyant le nom de certaines personnes qui viennent depuis des mois, les mêmes jours et aux même heures et avec lesquelles nous n’avançons pas. Avant même de les recevoir, nous ressentons une lourdeur. (Voir l’article “Quittez la Kiné Rat-Race“)

Pourquoi et comment vivre des choses nouvelles au cabinet ?

La simple vue de leur nom sur la planning nous alourdit et agit sur notre moral et notre énergie. Pourquoi acceptons-nous de poursuivre ce type de traitement ? Pourquoi n’avons-nous pas le courage de parler avec ces personnes et leur dire que l’on ne peut plus rien pour elles et qu’il serait préférable d’arrêter ou éventuellement prendre rendez-vous avec un autre collègue qui pratique différemment ? Peut-être auraient-elles plus de résultats. Mais ces personnes sont dans la routine et se satisfont d’une situation de non-progrès. Pourtant, bouger les lignes ferait du bien aux deux parties. À vous, car cela vous soulagerait d’un poids psychologique et moral et au patient, car il serait obligé de reconsidérer sa situation et son problème de santé.

Bien sûr, certains de nos patients présentant de lourdes affections dégénératives ne pourront que régresser quelque soit le praticien. Mais si la relation devient pesante, pourquoi ne pas passer la main ? Ou bien, si l’on souhaite poursuivre les soins ; comment renouveler la manière d’aborder ce ou cette patiente tant sur le plan thérapeutique que relationnel. Pourquoi ne pas essayer une nouvelle manière de faire notre séance même si les principes thérapeutiques seront probablement assez similaires ?

La formation continue est-elle aussi un voyage  ?

Réactualiser nos connaissances ou découvrir ou approfondir une nouvelle méthode thérapeutique fait partie des moyens de se renouveler tant personnellement que professionnellement.

Mais la faiblesse du cerveau humain tend à nous laisser dans la routine au risque de ne pas avoir de plaisir à faire ce que nous faisons. Les changements font souvent peur et nécessitent souvent des conditions extrêmes pour les accepter. S’inscrire à une formation peut être difficile pour certains, pour la bonne raison qu’une remise en question de nos propres systèmes de pensée peut nous bousculer et c’est bien compréhensible. C’est probablement pour cela qu’il peut nous arriver de laisser passer plusieurs années sans suivre une formation.

Cependant, se rendre en formation est assez similaire à partir en voyage.

Nos allons changer de cadre, rencontrer de nouvelles personnes, et découvrir des nouvelles approches thérapeutiques. C’est très stimulant pour le cerveau. Comme avant de partir en voyage, nous sommes un peu stressé face à l’inconnu, mais le cerveau aime ça. Et une fois sur place, la rencontre avec de nouveaux collègues et le fait de remettre en route de nouveaux schémas de pensée est très agréable. Il en est de même pour moi en tant que formateur. Il est très stimulant de rencontrer des collègues ayant déjà des connaissances spécifiques et qui posent des questions nous obligeant à reconsidérer nos propres paradigmes. À la fin de chaque session de formation, tous les participants sont heureux d’avoir vécu une expérience nouvelle et en reviennent toujours plus riches.

De retour à notre cabinet avec nos patients, nous sommes heureux d’essayer les nouvelles techniques que nous venons d’apprendre. Tout le monde l’a vécu : on revient le lundi avec une plus grande motivation car nous allons rompre notre routine.

J’ai le sentiment qu’il est donc important de repenser notre manière de communiquer avec nos patients, de traiter nos patients, et d’essayer de toujours se renouveler pour ne pas tomber dans une routine fatigante.

Je vous souhaite une très bonne journée et serais ravi de connaitre vos propres astuces pour ne pas tomber dans la routine au cabinet et avoir toujours du plaisir à vous rendre au travail.

Thierry BLAIN.

2 réflexions sur “Mon cabinet : Comme d’habitude ? Ou quitter la “kiné rat race” (suite).”

  1. Pour casser la lassitude, j’ai choisi le mi-temps libéral et mi-temps salarial. Je ne suis jamais deux jours d’affilée au même endroit. Je change de collègues, de patients, d’organisation, etc. Quand un des deux lieux de travail me « fatigue », l’autre est mon échappatoire et vice versa en fonction des moments.
    Et concernant le libéral, ayant changer de lieu d’exercice il y a peu, je me suis imposée une nouvelle règle car j’en avais marre du planning copier-coller de semaine en semaine rempli de patients chroniques. Donc maintenant je ne dépasse pas les 20 séances d’affilée pour un patient (sauf neuro). Je fais comprendre au patient qu’on se donne ce temps-là pour régler son problème ensemble (le fait d’avoir une date butoir les incite plus à se prendre en main j’ai l’impression) et que si vraiment ce n’est pas réglé au bout de ces séances c’est qu’il faut peut-être voir quelqu’un d’autre et une autre façon de faire. Ils s’investissent plus et je m’investie plus aussi car la date butoir marche pour moi aussi il faut bien l’avouer. Et pour le moment je suis assez satisfaite de cette nouvelle façon de faire.
    Prochain objectif: tenter de faire un peu de déconventionné car y’en a marre d’être payer raz les pâquerettes.

  2. Pour moi, chaque patient est comme un livre dans une librairie. Un nouveau patient est comme un livre choisi au hasard dont on ne connaît pas le genre, ni l’histoire… Mais avec une intrigue ! Chaque livre est plus ou moins volumineux (par rapport à la durée de prise en charge, et non son poids ) et chaque séance correspond à un nouveau paragraphe ou chapitre. Quant aux patients chroniques, l’histoire avance plus lentement, elle est un peu redondante mais alors, on peut la comparer à la temporalité des arbres, bcp plus lente et ce sont les petites bourgeons qui sont intéressants à percevoir
    N’oublions pas que tout évolue tout le temps
    Mais, pas toujours à notre rythme.
    Ivan

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