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Traitement épicondylite par l’approche Jones Strain Counterstrain

Le Docteur Lawrence Jones était médecin ostéopathe américain. Il utilisait essentiellement les techniques de haute vélocité, basse amplitude. Malgré ses résultats, le Dr Jones restait frustré de ses techniques. Il a découvert, par la suite, une méthode de soin consistant à placer les patients dans une position de confort optimal.

 

épicondylite du coude

Durant toute sa vie, il a établi une cartographie de points (appelés “Tender Point” ou “TP”) qui, pour lui, provenaient de dysfonctions d’origine neuro-musculaire. Ces points servent à la fois de diagnostic de dysfonctions somatiques, mais également de feed-back lors de la technique car la position de confort optimal est obtenue avec la palpation indolore de ces “Tender Point”.
Après cette définition et explication de la méthode Jones, nous allons étudier un cas particulier “l’épicondylite du coude”.

1 – DÉFINITION

L’épicondylite du coude (ou épicondylalgie latérale) se manifeste par des douleurs latérales du coude. Cette pathologie touche aussi bien les hommes que les femmes, plus souvent entre 30 et 55 ans et concerne 1 à 3 % de la population. C’est l’affection la plus fréquente dans les pathologies du coude. L’activité professionnelle est la cause la plus fréquemment retrouvée, ainsi que la pratique sportive (comme le tennis), avec une notion de gestes répétitifs.

L’épicondylalgie va se caractériser par des douleurs sur le coude lors :

  • de la palpation de l’épicondyle
  • de l’extension du coude
  • de la prono-supination de l’avant-bras

2 – ANATOMIE

Le coude présente trois articulations : la radio-ulnaire proximale, l’huméro-ulnaire et l’huméro-radiale. Toutes trois ont la même cavité synoviale, ainsi que trois ligaments (l’annulaire radial, le collatéral médial et latéral).

épicondylite du coude

L’épicondyle est la partie osseuse distale et latérale de l’humérus,
où s’insèrent les différents muscles extenseurs du poignet et des doigts.

3 – CLINIQUE

Le diagnostic repose essentiellement sur l’examen clinique, où l’on retrouve :

  • une palpation douloureuse de l’épicondyle latéral,
  • la flexion passive du poignet, coude en extension, est douloureuse,
  • l’extension contre résistance du poignet, coude en extension, est douloureuse,
  • l’extension contre résistance du majeur, coude en extension, est douloureuse (test de Maudsley),
  • la supination contre résistance, coude en extension, est douloureuse,
  • test de la chaise : main en pronation, douleur déclenchée lors du port d’une chaise par le dossier.

4 – TRAITEMENT

Grâce à la technique Jones, nous allons aborder les principaux points qu’il est important de soulager dans le cadre d’une épicondylalgie. Toutes ces techniques doivent s’effectuer de manière précise et séquencées :

  • localiser le TP,
  • trouver la position de confort en passif (où le TP devient indolore),
  • tenir 90 secondes sans appui sur le TP,
  • revenir en position neutre en passif et lentement.

Tous ces critères sont nécessaires pour la réussite du traitement.

4-1 – Tête radiale (ou RAD)

C’est un point essentiel à traiter car il entraîne un impact sur l’ensemble du membre supérieur, et d’autant plus dans ce type de pathologie (Image 1).

TP : situé à la partie antéro-latérale de la tête radiale, à l’extrémité proximale du radius. Pression postéro-médiale.

Traitement : patient en décubitus. Opérateur assis. Extension du coude, supination marquée, abduction de l’avant-bras (force valgisante).

(Image 2) Parfois, ce point se traitera en flexion si la position classique ne convient pas ou si l’extension est douloureuse.

Dans ce cas, le traitement sera : flexion du coude, pronation marquée, la face dorsale de la main du patient est alors en contact avec la face latérale de son thorax, rotation médiale de l’humérus.

4-2 – Ancôné

Ce point est important car il peut imiter une épicondylalgie lorsqu’il est présent (image 3).

épicondylite du coude

TP : partie postérieure de l’épicondyle latéral. Pression sur le corps musculaire.

Traitement : patient en décubitus. Coude en extension, supination de l’avant-bras de 15°, abduction de l’avant-bras (force valgisante).

4-3 – PWR (ou Palmar Wrist ou poignet palmaire) (image 4)

TP : palpation en face palmaire du poignet, ainsi que sur la face antérieure de l’ensemble de l’avant-bras, à la recherche de tensions sur les fléchisseurs du poignet et des doigts.

Traitement : patient en décubitus.
On enroule le poignet sur le TP ; flexion du poignet marquée, inclinaison légère en direction du TP.

4-4 – DWR (ou Dorsal Wrist ou poignet dorsal) (image 5)

TP : palpation en face dorsale du poignet, ainsi que sur la face postérieure de l’ensemble de l’avant-bras, à la recherche de tensions sur les extenseurs du poignet et de doigts.

Traitement : patient en décubitus.

On enroule le poignet sur le TP, extension marquée du poignet, inclinaison légère du poignet vers le TP.

Ces deux derniers points sont indispensables pour normaliser la balance agoniste-antagoniste entre les fléchisseurs et les extenseurs du poignet et des doigts ; ceci permettant ainsi de diminuer les contraintes sur les tendons extenseurs au niveau de l’épicondyle.

EN RÉSUMÉ :

Ce travail permet de normaliser le membre supérieur sans contrainte pour le patient puisque nous restons dans sa position de confort. Afin d’optimiser la récupération, il sera primordial d’effectuer un travail proximal sur le tronc (thoraciques, côtes, cervicales). On voit donc que la méthode Jones est une technique passive, douce, indolore qui ne présente pas de contre-indication.

Par David BULLE
Co-auteurs Marc ÉTIENNE, Guillaume THIERRY, Jonathan WOSINSKI

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