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Remboursement des soins

Si les soins kiné étaient non remboursés : Que resterait-il ?

Il resterait probablement les compétences.

 

Thierry BLAIN
Thierry BLAIN

J’ai la chance de côtoyer un grand nombre de kinésithérapeutes, dans le cadre de la formation continue.

Un des sujets qui revient systématiquement à l’heure des discussions hors formation, est le prix de la séance par rapport au temps passé. Il est vrai que ce prix de séance n’a pratiquement pas augmenté depuis de nombreuses années et on pourrait même dire que face à l’inflation, il a même diminué. Actuellement, certains syndicats militent pour une revalorisation de la lettre clé. Mais même si cela devait aboutir, il est fort probable que cette augmentation resterait ridiculement basse.

 

Imaginons maintenant que les soins ne soient pas remboursés. Combien de collègues n’auraient plus de patients ? Probablement beaucoup.Il n’est pas question ici de militer pour un dé-remboursement des soins, mais face aux conditions actuelles d’exercice, la question se pose. Sommes-nous persuadés que les soins que nous proposons suffiraient à ce que nos patients continuent à venir même s’ils devaient payer de leur poche ? Beaucoup de techniques, d’actes actuellement dispensés, ne résisteraient pas à la réalité économique. 

Plusieurs situations professionnelles coexistent en France, dans le monde de la kinésithérapie. Des praticiens qui s’efforcent de se former et de proposer des soins qualitatifs, sur un temps de séance raisonnable. Pour d’autres, les contraintes économiques qui se sont imposées les obligent à prendre plusieurs patients en même temps. En écoutant mes confrères, j’observe que les premiers, bien que souvent fatigués, ont toujours du plaisir à soulager leurs patients. Pour les confrères prenant plusieurs personnes à la fois, la journée ressemble plutôt à une course contre-la-montre qu’à un échange thérapeutique. De fait, une lassitude s’observe dans les deux groupes de personnes. Loin de moi l’idée de juger les uns, les autres, je considère qu’un moyen sûr de trouver un équilibre entre temps passé avec le patient et revenu, reste et restera toujours le niveau de compétences. En effet, j’observe avec émerveillement la curiosité, l’esprit de recherche et l’intérêt que portent les personnes en formation à leur métier. Pour les autres collègues que je ne rencontre pas, du fait qu’ils ne se forment pas, je me pose la question sur la motivation qu’ils peuvent ressentir le matin pour aller travailler.

 

Deux questions se posent :  le revenu et la compétence. 

 

Ces deux éléments sont intimement liés.  En effet, le seul moyen d’augmenter ses revenus tout en gardant une qualité de vie professionnelle stimulante est d’augmenter sa compétence. Pour cela, les échanges avec des collègues et la formation continue sont des éléments clés. Pour ma part, si je n’ai pas assisté à au moins une formation par trimestre, je ressens de la lassitude et de la routine dans ma pratique de cabinet. À l’inverse, lorsque je vais en formation, et bien que cela me demande un effort, j’en ressort toujours stimulé et enrichi intellectuellement. Cela me permet d’ouvrir mon esprit à de nouvelles techniques et surtout de nouvelles connaissances indispensables à notre pratique paramédicale.

 

Actuellement, il faut reconnaître que même si on se forme, nos actes n’en sont pas plus reconnus où augmentés. 

 Ou investir ?

Thierry Blain Kiné viscérale niveau 1, niveau 2 et niveau 3Je considère que le meilleur investissement est l’investissement sur soi-même. Sur nos compétences, nos conditions de travail, notre santé, nos conditions de vie générale. Là, est le véritable investissement. Investir dans du matériel qui ne vous libère pas du temps, et coûte de l’argent est un non-sens. Beaucoup de collègues souhaitent se diversifier et proposer des actes hors nomenclature. Cette option est tout à fait possible du fait qu’un grand nombre de patients ont, à la fois les moyens et souhaitent véritablement améliorer leur santé. Mais pour être capable de proposer ce type de soins, il est indispensable de proposer des actes et des techniques réellement efficaces. Quand je dis efficace, je parle d’un soulagement durable, pas d’une séance à l’autre. Je ne parle pas de traitement efficace sur le papier, mais de traitement qui permet aux patients de reprendre rapidement une vie normale. Cela fait 36 ans que j’exerce et je suis en mesure d’affirmer que les personnes qui n’ont cessé de se former tout au long de leur carrière ont véritablement acquis ce type de compétences. Libre à eux ensuite de choisir leur mode d’exercice : conventionné, hors nomenclature ou mixte.

Par ailleurs, un grand nombre d’améliorations de la gestion de notre cabinet sont possibles. Certains de nos collègues proposent une formation à cet effet, dont le nom est Kiné Rat Race. Cette formation (en cours de réalisation, NDLR) comporte un grand nombre d’astuces simples à mettre en place qui vous permettront d’optimiser le rapport temps de séances / revenus financiers.

 

Quand allons-nous décider de changer notre situation ? 

 

Je vais partager avec vous l’expérience d’une collègue que j’apprécie beaucoup afin de vous encourager à mieux vivre votre activité professionnelle. Cette collègue, très compétente, qui s’est toujours formée a aujourd’hui 61 ans.  Avec sérieux, elle travaille cinq jours par semaine, prenant chaque patient une demi-heure au tarif conventionné. Cependant ce rythme de travail commence réellement à la fatiguer. Elle me fait donc part de sa plainte et de sa lassitude à travailler dans ce contexte alors qu’il lui reste encore trois ans à travailler.

 

Je lui ai répondu : à quel âge vas-tu proposer d’autres soins plus en rapport avec tes compétences et tes besoins ?

Elle n’a pas répondu. 

Là est la véritable question. N’attendons pas des instances de notre métier, décidons et prenons notre vie professionnelle en main. 

 

Confraternellement 

Thierry BLAIN.


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1 réflexion sur “Si les soins kiné étaient non remboursés : Que resterait-il ?”

  1. Très bonne analyse de Thierry ainsi que les questions qu’il pose….personnellement, après 7 années de kiné ou il fallait choisir entre bien gagner sa vie ou bien soigner les patients, je me suis tourné vers l’ostéopathie, pourtant illégale à l’époque, mais j’ avais la certitude d’exercer une vraie profession libérale, de prendre un rendez-vous toutes les 45 mn au moins, liberté des honoraires, sens de la responsabilité plutôt que rester un pseudo salarié de la Sécu déguisé en libéral !
    Cela dit, chacun peut faire ses choix et je n’ai jamais renié la kinésithérapie mais seulement son mode d’exercice.

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